[HU] Final Soldier
Publié : mar. 30 déc. 2008 17:03
Éditeur: Hudson Soft
Genre: shoot-em-up vertical
Nombre de joueurs: 1
Date de sortie: 05/07/1991
Format: hucard jap
La scène de déroule au Tribunal d’Arbitrage du Bon Goût Vidéoludique, où l’avocat de Final Soldier soutient un pourvoi en appel, suite à l’attribution du titre de « moins bon épisode de la série des soldiers » à son client. La lutte promet d’être rude, d’autant que l’Accusation semble sûre de son fait.
L’ avocat : monsieur le président, j’affirme que mon client a été victime d’un jugement partial et influencé par sa position dans la famille: deuxième d’un fratrie de trois*, mon client est victime de l’ombre que lui fait son brillantissime aîné, premier de la classe et cité en exemple par tous, et du petit dernier, dont le physique aguicheur fait toujours forte impression. Ses qualités n’ont pas eu l’attention qu’elles méritent.
*Star Parodier, sorti sur SCD entre Final Soldier et Soldier Blade, étant par son caractère rigolo un peu en marge de la série, entamée par Super Star Soldier faut-il le rappeler…
Le procureur : maître, vous concèderez tout de même que la communauté internet est assez unanime au sujet de votre client : les autres titres de la série marquent nettement plus (shmup.com), à mon sens le volet le plus faible (nekofan.free.fr), the weakest of the four Star Soldier games (shmups.com). Cela, nous ne l’avons pas inventé n’est-ce pas ?
Le juge : eh bien messieurs, vous m’aiderez à juger si la réputation de Final Soldier est fondée. La parole est à l’accusation.
Round 1 : les graphismes.
Le procureur : monsieur le président, ne trouvez-vous pas extraordinaire qu’une suite soit moins belle que son prédécesseur ? Cette finesse exceptionnelle qui a fait la réputation de Super Star Soldier, la retrouvez-vous dans cet épisode ?
L’ avocat : pardon, monsieur le président, mais que dire du niveau 1, très inspiré certes de celui de SSS mais magnifié devrais-je dire : ces arcs électriques tournoyant, c’est de toute beauté ! Et le niveau 6, exceptionnel ! Sans oublier le 7è et dernier niveau, qu’on dirait véritablement en fusion ! Cette suite fait graphiquement honneur à son aîné, qui avait un level 2 assez faiblard sur ce plan, ajouterai-je.
(niveau 1 — niveau 6 — niveau 7)

Le procureur : parlons du niveau 3 de Final Soldier, alors ! Ce paysage marin est d’un fade, et puis des navires militaires dans un Soldier… On n’est pas dans 1943 que diable !! Les niveaux 2 et 5, bien que très corrects, ne soulèvent guère l’enthousiasme par ailleurs.
(niveau 2 — niveau 3 : notez la sobriété du décor… — niveau 5)

Le juge : je reconnais que ces graphismes sont peut-être plus inégaux que ceux de Super Star Soldier, et qu’il n’en ressort pas cette exceptionnelle finesse. Mais bon nombre de passages sont effectivement superbes, et la différence est trop infime pour disqualifier Final Soldier. Quoi d’autre, monsieur le procureur ?
Round 2 : les innovations.
Le procureur : maître, vous parliez de l’ombre dont votre client serait victime de la part de son aîné. Mais a-t-il jamais cherché à tracer sa propre voie ? Ne l’a-t-il pas copié scrupuleusement jusqu’à devenir ce qu’il est : un ersatz qui demeure inférieur à l’original ? Un simple add-on, si vous me passez l’expression.
L’avocat : voilà typiquement le genre de jugement à l’emporte-pièce dont est victime mon client depuis trop longtemps. Certes, visuellement, la ressemblance est à s’y méprendre. Et je reconnais que les vagues ennemis semblent tout droit sortir de son prédécesseur. Ainsi, les premières minutes donnent cette fausse impression de copie-carbone.
Mais, sitôt la première vie perdue, on s’aperçoit que le fonctionnement diffère : en effet, souvenez-vous monsieur le président, en cas de crash SSS vous renvoie au début du niveau (sauf si vous avez récupéré certaines options), tandis que Final Soldier vous permet d’utiliser toutes les vies du crédit à la suite. Seul l’utilisation d’un continue vous renvoie au début de level.
Sans révolutionner le gameplay, cette différence le modifie quand même subtilement puisque le joueur se comporte différemment selon que la moindre vie est synonyme de retour en arrière ou qu’il gère un stock de vies.
Autre différence : on a la possibilité de porter deux smarts bombs, déclenchables par pression du bouton I, là où SSS n’en proposait qu’immédiatement utilisables. A nouveau, cela influence sensiblement la manière de jouer.
Enfin, l’armement a largement été remanié.
Le juge : oui, je crois qu’on peut dire que Final Soldier reconduit la recette de son aîné dans les grandes lignes, mais en y apportant sa touche personnelle, suffisamment sensiblement selon moi pour que l’on ait pas l’impression de jouer à un simple « add-on », pour reprendre votre expression, monsieur le procureur.
Round 3 : l’armement.
Le procureur : Mais vous parliez de l’armement, maître. Je crois que nous voilà en présence du plus gros point faible de votre client.
L’ avocat : pardon, monsieur le procureur ? Il semblerait que l’usage de la touche select vous soit étranger. Sans quoi vous auriez pu accéder au menu des options à l’écran-titre, et paramétrer les différentes armes (à l’exception de la rouge, le tir de base), avec à chaque fois trois choix différents. Cela donne une dimension tactique au jeu non négligeable.
Le procureur : oh que si, j’y suis allé dans ce menu, maître ! Et j’y ai constaté un manque d’originalité et/ou d’efficacité dans les armes assez consternant. Par exemple, pour l’arme bleue, on a le choix entre deux versions au classicisme éprouvé, ou à des bulles visuellement sympa mais cruellement imprécises. Constat identique pour l’arme jaune. Seule l’arme verte s’en tire (à peine) mieux, mais on est loin de la formidable efficacité de son alter-ego dans SSS. Quant aux missiles, je ne vois pas qui serait assez fou pour ne pas opter pour la version homing. En définitive, on fait rapidement toujours les mêmes choix.
Le juge : effectivement, je dois même ajouter que durant le jeu, j’opte pratiquement toujours pour le tir de base, devant l’inefficacité des autres options. Un comble, pour un jeu proposant autant de possibilités ! Et un sacré défaut, vous avez raison monsieur le procureur.
(les bulles : original mais imprécis — on retrouve les flammes de SSS, puissantes mais de courte portée — sans doute la meilleure arme en dehors du tir de base)

Round 4 : les boss.
Le procureur : si encore ce n’était que ça. Mais autre élément essentiel d’un shmup, les boss manquent cruellement de relief !
L’avocat : mais ce hibou qui conclue le niveau 4 ! Et ces deux robots qui sautent d’une paroi à l’autre à la fin du niveau 1 ! Le dernier boss ne manque pas de gueule, lui non plus.
(les voltigeurs du niveau 1 — le boss du niveau 4, une réussite — l’une des nombreuses formes du dernier boss)

Le procureur : mais ce dernier, visuellement réussi il est vrai, manque de vice ! En vérité, on ne retrouve pas l’épouvantable stress que l’on se doit d’éprouver face à la dernière épreuve d’un shoot : ses attaques, sans être complètement anodines, manquent de dangerosité. Et puis, tous les boss que vous n’avez pas cités, cher maître… Comment les passer sous silence ? La plupart sont des véhicules blindés sans originalité, qui font bien pâle figure face à ceux de SSS…
Le juge : un nouveau point pour l’Accusation.
(les boss des niveaux 2, 3 et 5 : tous manquent d’originalité)

Round 5 : la difficulté.
Le procureur : la critique que j’ai formulée à l’encontre du dernier boss est en vérité applicable à tout le jeu : Final Soldier n’offre pas un challenge assez important, tout simplement.
L’avocat : ce reproche est stupide ! Il suffit de paramétrer la difficulté en hard si l’on souhaite retrouver un challenge digne de SSS. Quant au mode expert , même les plus grands spécialistes le trouveront d’une redoutable difficulté.
Le juge : vous avez raison, maître. Je conseillerais même d’y jouer directement en hard . Mais le procès touche à sa fin, et l’Accusation a soulevé deux défauts essentiels qui me paraissent difficilement surmontables…
Round 6: l’ambiance sonore.
L’avocat : ils le sont, monsieur le président. Car nous n’avons pas abordé un point, capital pour un shoot, pour lequel Final Soldier s’affirme le meilleur de la série.
Le procureur : ?
Le juge : poursuivez, je vous prie. De quoi voulez-vous parler ?
L’avocat : de la musique, bien entendu ! Écoutez-moi ces compositions : mélodiquement c’est très fort, soutenu par une basse groovy et une rythmique intense. Du menu des options au générique de fin, c’est de la tuerie ! Mention spéciale pour les niveaux 1, 4 et 6, où l’on atteint le nirvana. Franchement, monsieur le procureur, pourriez-vous me citer une seule musique moyenne dans ce jeu ?
Le procureur : …
Le juge : force est de constater que cette b.o. tabasse sa mère grave ! si je puis me permettre un avis personnel, je crois qu’il n’y a pas mieux sur hucard.
Round 7 : le rythme.
L’avocat : j’ajouterai que cette musique endiablée sert généralement parfaitement l’action, intense, comme au niveau 4 -ptain je l’adoooore celui-là - dans lequel on survole une ville d’abord en basse altitude, avant de prendre son envol par-delà les nuages et de combattre au-dessus des lointaines lumières urbaines. La musique — épique — accompagne merveilleusement ce morceau de bravoure. Le début du niveau 6, qui offre un scrolling rapide au-dessus de trois voies de chemin de fer amenant des ennemis dans tous les sens, est aussi un modèle de rythme endiablé, que la zik sert à nouveau parfaitement. Au-delà de ces instants de grâce, je crois pouvoir affirmer que le joueur ne souffre jamais l’ennui, le fun est là et bien là !
(niveau 4, au ras des buildings — niveau 4, après l’envol — le début du niveau 6, bien tendu en hard)

Le juge : c’est vrai, et je me dois d’avouer que, malgré ses défauts, c’est l’épisode que je sors le plus souvent de mes étagères, ne serait-ce que pour me faire en hard un petit niveau 4, ou un level 7, comme ça, pour le fun.
L’avocat : ah, vous effectuez le fameux gauche _ gauche - I - droite - droite - II - haut - bas - haut - bas après que l’écran titre avec normal game s'est affiché, pour sélectionner le niveau ? Saviez vous que le level 0 est en fait un score attack de 1 minute caché, un de ces fameux stages caravan que propose chaque soldier ? Et que si vous effectuez la même manip en affichant au préalable set-up sur l’écran titre, vous aurez accès au sound test ?
Le juge : absolument.
L’avocat : je me permets enfin de vous recommander, monsieur le président, monsieur le procureur, de vous plonger dans les modes 2 et 5 minutes, qui sont selon moi les meilleurs caravans stages jamais réalisés. Action trépidante, destruction massive, musique somptueuse. Pour en profiter à plein, le mieux reste encore de poster ses performances dans la rubrique high score, pour goûter la quintessence du plaisir vidéoludique.
(le sound test, indispensable au regard de la b.o — 2-min mode, un des défis stars de la rubrique high score — 5-min mode, ou le panard intégral)

La sentence.
Le juge : maître vous m’avez convaincu. Décrire ce jeu comme l’épisode le moins bon de la série ne rend pas justice à ses énormes qualités. Car nul ne peut affirmer qu’il s’agit du Soldier le moins intéressant à jouer, et après tout, c’est tout ce qui compte dans un jeu vidéo. Nous nous contenterons de dire que c’est celui qui comporte les plus gros défauts, mais qu’il n’en reste pas moins trépidant et indispensable. En somme, un shoot magistral de plus sur la reine du genre, j’ai nommé la pc engine. Messieurs, la séance est levée.
(Applaudissements dans l’assemblée)
Genre: shoot-em-up vertical
Nombre de joueurs: 1
Date de sortie: 05/07/1991
Format: hucard jap
La scène de déroule au Tribunal d’Arbitrage du Bon Goût Vidéoludique, où l’avocat de Final Soldier soutient un pourvoi en appel, suite à l’attribution du titre de « moins bon épisode de la série des soldiers » à son client. La lutte promet d’être rude, d’autant que l’Accusation semble sûre de son fait.
L’ avocat : monsieur le président, j’affirme que mon client a été victime d’un jugement partial et influencé par sa position dans la famille: deuxième d’un fratrie de trois*, mon client est victime de l’ombre que lui fait son brillantissime aîné, premier de la classe et cité en exemple par tous, et du petit dernier, dont le physique aguicheur fait toujours forte impression. Ses qualités n’ont pas eu l’attention qu’elles méritent.
*Star Parodier, sorti sur SCD entre Final Soldier et Soldier Blade, étant par son caractère rigolo un peu en marge de la série, entamée par Super Star Soldier faut-il le rappeler…
Le procureur : maître, vous concèderez tout de même que la communauté internet est assez unanime au sujet de votre client : les autres titres de la série marquent nettement plus (shmup.com), à mon sens le volet le plus faible (nekofan.free.fr), the weakest of the four Star Soldier games (shmups.com). Cela, nous ne l’avons pas inventé n’est-ce pas ?
Le juge : eh bien messieurs, vous m’aiderez à juger si la réputation de Final Soldier est fondée. La parole est à l’accusation.
Round 1 : les graphismes.
Le procureur : monsieur le président, ne trouvez-vous pas extraordinaire qu’une suite soit moins belle que son prédécesseur ? Cette finesse exceptionnelle qui a fait la réputation de Super Star Soldier, la retrouvez-vous dans cet épisode ?
L’ avocat : pardon, monsieur le président, mais que dire du niveau 1, très inspiré certes de celui de SSS mais magnifié devrais-je dire : ces arcs électriques tournoyant, c’est de toute beauté ! Et le niveau 6, exceptionnel ! Sans oublier le 7è et dernier niveau, qu’on dirait véritablement en fusion ! Cette suite fait graphiquement honneur à son aîné, qui avait un level 2 assez faiblard sur ce plan, ajouterai-je.
(niveau 1 — niveau 6 — niveau 7)

Le procureur : parlons du niveau 3 de Final Soldier, alors ! Ce paysage marin est d’un fade, et puis des navires militaires dans un Soldier… On n’est pas dans 1943 que diable !! Les niveaux 2 et 5, bien que très corrects, ne soulèvent guère l’enthousiasme par ailleurs.
(niveau 2 — niveau 3 : notez la sobriété du décor… — niveau 5)

Le juge : je reconnais que ces graphismes sont peut-être plus inégaux que ceux de Super Star Soldier, et qu’il n’en ressort pas cette exceptionnelle finesse. Mais bon nombre de passages sont effectivement superbes, et la différence est trop infime pour disqualifier Final Soldier. Quoi d’autre, monsieur le procureur ?
Round 2 : les innovations.
Le procureur : maître, vous parliez de l’ombre dont votre client serait victime de la part de son aîné. Mais a-t-il jamais cherché à tracer sa propre voie ? Ne l’a-t-il pas copié scrupuleusement jusqu’à devenir ce qu’il est : un ersatz qui demeure inférieur à l’original ? Un simple add-on, si vous me passez l’expression.
L’avocat : voilà typiquement le genre de jugement à l’emporte-pièce dont est victime mon client depuis trop longtemps. Certes, visuellement, la ressemblance est à s’y méprendre. Et je reconnais que les vagues ennemis semblent tout droit sortir de son prédécesseur. Ainsi, les premières minutes donnent cette fausse impression de copie-carbone.
Mais, sitôt la première vie perdue, on s’aperçoit que le fonctionnement diffère : en effet, souvenez-vous monsieur le président, en cas de crash SSS vous renvoie au début du niveau (sauf si vous avez récupéré certaines options), tandis que Final Soldier vous permet d’utiliser toutes les vies du crédit à la suite. Seul l’utilisation d’un continue vous renvoie au début de level.
Sans révolutionner le gameplay, cette différence le modifie quand même subtilement puisque le joueur se comporte différemment selon que la moindre vie est synonyme de retour en arrière ou qu’il gère un stock de vies.
Autre différence : on a la possibilité de porter deux smarts bombs, déclenchables par pression du bouton I, là où SSS n’en proposait qu’immédiatement utilisables. A nouveau, cela influence sensiblement la manière de jouer.
Enfin, l’armement a largement été remanié.
Le juge : oui, je crois qu’on peut dire que Final Soldier reconduit la recette de son aîné dans les grandes lignes, mais en y apportant sa touche personnelle, suffisamment sensiblement selon moi pour que l’on ait pas l’impression de jouer à un simple « add-on », pour reprendre votre expression, monsieur le procureur.
Round 3 : l’armement.
Le procureur : Mais vous parliez de l’armement, maître. Je crois que nous voilà en présence du plus gros point faible de votre client.
L’ avocat : pardon, monsieur le procureur ? Il semblerait que l’usage de la touche select vous soit étranger. Sans quoi vous auriez pu accéder au menu des options à l’écran-titre, et paramétrer les différentes armes (à l’exception de la rouge, le tir de base), avec à chaque fois trois choix différents. Cela donne une dimension tactique au jeu non négligeable.
Le procureur : oh que si, j’y suis allé dans ce menu, maître ! Et j’y ai constaté un manque d’originalité et/ou d’efficacité dans les armes assez consternant. Par exemple, pour l’arme bleue, on a le choix entre deux versions au classicisme éprouvé, ou à des bulles visuellement sympa mais cruellement imprécises. Constat identique pour l’arme jaune. Seule l’arme verte s’en tire (à peine) mieux, mais on est loin de la formidable efficacité de son alter-ego dans SSS. Quant aux missiles, je ne vois pas qui serait assez fou pour ne pas opter pour la version homing. En définitive, on fait rapidement toujours les mêmes choix.
Le juge : effectivement, je dois même ajouter que durant le jeu, j’opte pratiquement toujours pour le tir de base, devant l’inefficacité des autres options. Un comble, pour un jeu proposant autant de possibilités ! Et un sacré défaut, vous avez raison monsieur le procureur.
(les bulles : original mais imprécis — on retrouve les flammes de SSS, puissantes mais de courte portée — sans doute la meilleure arme en dehors du tir de base)

Round 4 : les boss.
Le procureur : si encore ce n’était que ça. Mais autre élément essentiel d’un shmup, les boss manquent cruellement de relief !
L’avocat : mais ce hibou qui conclue le niveau 4 ! Et ces deux robots qui sautent d’une paroi à l’autre à la fin du niveau 1 ! Le dernier boss ne manque pas de gueule, lui non plus.
(les voltigeurs du niveau 1 — le boss du niveau 4, une réussite — l’une des nombreuses formes du dernier boss)

Le procureur : mais ce dernier, visuellement réussi il est vrai, manque de vice ! En vérité, on ne retrouve pas l’épouvantable stress que l’on se doit d’éprouver face à la dernière épreuve d’un shoot : ses attaques, sans être complètement anodines, manquent de dangerosité. Et puis, tous les boss que vous n’avez pas cités, cher maître… Comment les passer sous silence ? La plupart sont des véhicules blindés sans originalité, qui font bien pâle figure face à ceux de SSS…
Le juge : un nouveau point pour l’Accusation.
(les boss des niveaux 2, 3 et 5 : tous manquent d’originalité)

Round 5 : la difficulté.
Le procureur : la critique que j’ai formulée à l’encontre du dernier boss est en vérité applicable à tout le jeu : Final Soldier n’offre pas un challenge assez important, tout simplement.
L’avocat : ce reproche est stupide ! Il suffit de paramétrer la difficulté en hard si l’on souhaite retrouver un challenge digne de SSS. Quant au mode expert , même les plus grands spécialistes le trouveront d’une redoutable difficulté.
Le juge : vous avez raison, maître. Je conseillerais même d’y jouer directement en hard . Mais le procès touche à sa fin, et l’Accusation a soulevé deux défauts essentiels qui me paraissent difficilement surmontables…
Round 6: l’ambiance sonore.
L’avocat : ils le sont, monsieur le président. Car nous n’avons pas abordé un point, capital pour un shoot, pour lequel Final Soldier s’affirme le meilleur de la série.
Le procureur : ?
Le juge : poursuivez, je vous prie. De quoi voulez-vous parler ?
L’avocat : de la musique, bien entendu ! Écoutez-moi ces compositions : mélodiquement c’est très fort, soutenu par une basse groovy et une rythmique intense. Du menu des options au générique de fin, c’est de la tuerie ! Mention spéciale pour les niveaux 1, 4 et 6, où l’on atteint le nirvana. Franchement, monsieur le procureur, pourriez-vous me citer une seule musique moyenne dans ce jeu ?
Le procureur : …
Le juge : force est de constater que cette b.o. tabasse sa mère grave ! si je puis me permettre un avis personnel, je crois qu’il n’y a pas mieux sur hucard.
Round 7 : le rythme.
L’avocat : j’ajouterai que cette musique endiablée sert généralement parfaitement l’action, intense, comme au niveau 4 -ptain je l’adoooore celui-là - dans lequel on survole une ville d’abord en basse altitude, avant de prendre son envol par-delà les nuages et de combattre au-dessus des lointaines lumières urbaines. La musique — épique — accompagne merveilleusement ce morceau de bravoure. Le début du niveau 6, qui offre un scrolling rapide au-dessus de trois voies de chemin de fer amenant des ennemis dans tous les sens, est aussi un modèle de rythme endiablé, que la zik sert à nouveau parfaitement. Au-delà de ces instants de grâce, je crois pouvoir affirmer que le joueur ne souffre jamais l’ennui, le fun est là et bien là !
(niveau 4, au ras des buildings — niveau 4, après l’envol — le début du niveau 6, bien tendu en hard)

Le juge : c’est vrai, et je me dois d’avouer que, malgré ses défauts, c’est l’épisode que je sors le plus souvent de mes étagères, ne serait-ce que pour me faire en hard un petit niveau 4, ou un level 7, comme ça, pour le fun.
L’avocat : ah, vous effectuez le fameux gauche _ gauche - I - droite - droite - II - haut - bas - haut - bas après que l’écran titre avec normal game s'est affiché, pour sélectionner le niveau ? Saviez vous que le level 0 est en fait un score attack de 1 minute caché, un de ces fameux stages caravan que propose chaque soldier ? Et que si vous effectuez la même manip en affichant au préalable set-up sur l’écran titre, vous aurez accès au sound test ?
Le juge : absolument.
L’avocat : je me permets enfin de vous recommander, monsieur le président, monsieur le procureur, de vous plonger dans les modes 2 et 5 minutes, qui sont selon moi les meilleurs caravans stages jamais réalisés. Action trépidante, destruction massive, musique somptueuse. Pour en profiter à plein, le mieux reste encore de poster ses performances dans la rubrique high score, pour goûter la quintessence du plaisir vidéoludique.
(le sound test, indispensable au regard de la b.o — 2-min mode, un des défis stars de la rubrique high score — 5-min mode, ou le panard intégral)

La sentence.
Le juge : maître vous m’avez convaincu. Décrire ce jeu comme l’épisode le moins bon de la série ne rend pas justice à ses énormes qualités. Car nul ne peut affirmer qu’il s’agit du Soldier le moins intéressant à jouer, et après tout, c’est tout ce qui compte dans un jeu vidéo. Nous nous contenterons de dire que c’est celui qui comporte les plus gros défauts, mais qu’il n’en reste pas moins trépidant et indispensable. En somme, un shoot magistral de plus sur la reine du genre, j’ai nommé la pc engine. Messieurs, la séance est levée.
(Applaudissements dans l’assemblée)


